Le Roi Hassan II du Maroc, Président du Comité Al Qods» (Jérusalem), hôte du premier sommet islamique de l’époque contemporaine (Rabat 1969), apparaît rétrospectivement comme l‘un des grands traitres à la cause arabe et son long règne de 38 ans (Mars 1961-Juillet 1999) une vaste supercherie, si toutefois sont avérées les révélations contenues dans le livre du journaliste israélien Ronen Bergman «Rise and Kill First: The secret History of Israel’s targeted assassinations», ED. Penguin Random House.

LES DIRIGEANTS ARABES PLACÉS SUR ÉCOUTE SUR ORDRE DE RABAT
Réputé pour son sérieux, chroniqueur militaire de Yedioth Aharonoth et du New York Times, l’auteur soutient que les dirigeants arabes ont été placés sur écoute des services israéliens grâce à la connivence marocaine lors du Sommet arabe de Casablanca de septembre 1965. Du jamais vu même dans les fictions les plus satiriques, cette trahison dénote la désinvolture du monarque chérifien à l’égard de ses pairs et de son mépris pour la cause palestinienne.
Version arabe de ce récit selon la recension de l’ouvrage établi par le site en ligne Ar Rai Al Yom à l’intention du locuteur arabophone.
https://www.raialyoum.com/?p=821705
La date n’est pas anodine. Scellé par la signature d’un pacte de solidarité et de coexistence pacifique entre régimes arabes, ce sommet s’est tenu en septembre 1965, au terme d’un été particulièrement brûlant au Maroc, marqué par la terrible répression de la révolte étudiante de Casablanca (23 mars 1965) qui fit officiellement 7 morts et 168 blessés. En fait 400 morts selon l’ambassade de France à Rabat.
Sentant le vent du boulet, le jeune monarque a eu la lumineuse idée de se tourner alors vers les Israéliens, comme garde-fou aux débordements de son opposition interne et externe. Autrement dit, contre la volonté de son peuple, il s’allia aux ennemis du Monde arabe pour la survie de son trône, dans la pure tradition de la servitude coloniale. Un schéma identique sera observé 70 ans plus tard par le trône wahhabite, bradant la Palestine, par une alliance ouverte avec Israël.
Dans une sorte d’échange de bons procédés, Hassan II percevra le prix de sa forfaiture au plan arabe, un mois plus tard, par l’élimination d’un des espoirs de la renaissance arabe, Mehdi Ben Barka.
Figure mythique de l’opposition démocratique marocaine, l’ancien professeur de mathématiques d’Hassan II sera enlevé en octobre 1965 à Paris avec la complicité du Mossad, et carbonisé par des sbires marocains, un mois après la tenue du sommet de Casablanca.
Principal opposant socialiste au roi Hassan II et leader du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste, Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 octobre 1965 à Paris alors qu’il tentait, en sa qualité de «commis-voyageur de la révolution», de fédérer les mouvements révolutionnaires du tiers-monde en vue de la Conférence Tricontinentale devant se tenir en janvier 1966 à la Havane en vue de faire converger «les deux courants de la révolution mondiale: le courant surgi avec la révolution d’Octobre et celui de la révolution nationale libératrice». Pour l’historien René Galissot, «c’est dans cet élan révolutionnaire de la Tricontinentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka».
Sur ce lien, Le rôle de Mehdi Ben Barka et de la tricontinentale dans le réveil des peuples colonisés
- https://www.madaniya.info/2015/12/20/non-alignes-tricontinentale-60-eme-anniversaire-1-2/
- https://www.madaniya.info/2015/12/26/non-alignes-tricontinentale-60-eme-anniversaire-2-2/
La mise sur écoute des dirigeants arabes a permis aux Israéliens de prendre note de la stratégie de reconquête de la Palestine, comme des divergences inter arabes. La décision marocaine aura constitué «Le plus grand trésor stratégique d’Israël». Le journaliste israélien a estimé que cette information était «la raison principale qui a poussé Israël à prendre la décision de faire la guerre aux États arabes en Juin 1967», deux ans après le sommet de Casablanca, et qui a infligé une terrible défaite à l’Égypte, à la Syrie et à la Jordanie.
L’incendie de la Mosquée Al Aqsa par un illuminé israélien, en 1969, donne l’occasion au souverain chérifien de se refaire une virginité politique à l’occasion du sommet Islamique de Rabat, en 1969. Deux ans après la défaite de juin 1967, dont il en a été indirectement responsable, le «Commandeur des Croyants» va cumuler cette fonction spirituelle avec celle plus politique de président du «Comité Al Qods».
Le sommet islamique de Rabat a marqué, sur le plan idéologique, le début de l’instrumentalisation de l’Islam comme arme politique contre l’athéisme soviétique et le nationalisme arabe, et, sur le plan stratégique, le détournement du combat pour la libération de la Palestine, vers des contrées périphériques, à des milliers de km du champ de bataille de la Palestine, avec Al Qaida en Afghanistan et les djihadistes arabo afghans au Caucase et en Bosnie au Kosovo, avant d’être dirigé contre les pays arabes à structure républicaine (Libye, Syrie) à l’occasion du déclenchement de la séquence dite du «printemps arabe» et le surgissement de groupements terroristes islamistes Daech, Jabat An Nosra, Jaych al Islam, opérant, dans le sud de la Syrie, en coopération avec Israël.
Le Maroc figurera lors de cette séquence comme l’un des plus gros exportateurs du terrorisme islamique vers l’Europe occidentale (Attentat de Madrid 2004 qui a fait 200 morts, l’assassinat de Théo Van Gogh, les attentats de Bruxelles en 2015 et les attentats de Barcelone en 2017).
Pour aller plus loin sur ce thème
https://www.renenaba.com/de-l-instrumentalisation-de-l-islam-comme-arme-de-combat-politique/
Nonobstant la coopération sécuritaire entre le Maroc et Israël, Hassan II, fait rarissime dans les annales, devra faire face à deux séditions militaires, à son palais de Skhirat, le 10 juillet 1971, jour de son anniversaire, puis l’année suivante contre son propre Boeing par un groupe d’aviateurs ; indice d’un fort ressentiment à son égard, deux ans après son sacre de Rabat.
Au-delà du rôle du Mossad dans l’enlèvement de Mehdi Ben Barka, la vassalité du trône alaouite à l’égard de l’État Hébreu s’est concrétisée sous le règne de son successeur Mohammad VI avec le scandale du «Collier de la Reine» dans sa version tropicale ; un scandale qui titre son nom du bijou offert par l’épouse du Roi à Tzipi Livni, ancien ministre israélien des Affaires étrangères, dans la foulée de la destruction de la bande de Gaza (2007-2008), dont l’ancienne agent du Mossad en Europe en a été la coordonnatrice.
Pour aller plus loin sur l’affaire du collier de la reine
https://www.renenaba.com/le-collier-de-la-reine/
LE MAROC, PIVOT CENTRAL DU DISPOSITIF OCCIDENTAL EN AFRIQUE VIA LE SAFARI CLUB
Pivot central du dispositif occidental en Afrique, le Royaume fondera, en 1976, avec la France, l’Egypte, l’Iran et l’Arabie saoudite, le «Safari Club», se donnant ainsi l’illusion de «jouer dans la cour des grands». En pleine négociation de paix égypto-israélienne, il assumera le rôle de gendarme, non sur le champ de la confrontation israélo-arabe, mais à des milliers de kilomètres de là, non pour la récupération des Lieux Saints de l’Islam, mais pour le maintien au pouvoir d’un des dictateurs les plus corrompus de la planète le Zaïrois Mobutu, agent attitré des Américains dans la zone centrale de l’Afrique, l’assassin de Patrice Lumumba, le chef charismatique de l’Indépendance du Congo ex belge.

En soutien à Jonas Savimbi, l’agent de la CIA en Angola ; ou encore l’ivoirien Félix Houphouet Boigny, le principal pourvoyeur des djembés et des mallettes à une caste politico médiatique française vénale.
Le Maroc était représenté au sein de cette structure par le général Ahmad Dlimi, un des artisans de la liquidation de Mehdi Ben Barka, l’ancien lieutenant du général Mohamad Oufkir, l’homme des basses oeuvres de la dynastie alaouite, tous les deux liquidés sans autre forme de procès sur ordre du Palais royal.
À propos du safari Club
https://fr.wikipedia.org/wiki/Safari_Club
La dynastie chérifienne a constamment justifié sa relation privilégiée avec Israël par la spécificité du judaïsme marocain.
Cf sur ce point, l’analyse d’Abraham Sarfati, l’un des plus célèbres opposants marocains à Hassan II.
https://www.renenaba.com/jordanie-et-maroc-additif/
Il n’en demeure pas moins que le règne d’Hassan II, malgré les prosternations d’une presse française vénale, sera néanmoins qualifié de «Règne du Bagne et de la Terreur», dont le cas le plus illustre aura été le bagne de Tazmamart et l’arbitraire qui frappa notamment les Frères Bourequat.
Pour aller plus loin sur cette affaire, cf le lien suivant
LE MAROC, POURVOYEUR DE PROSTITUÉES POUR LES PÉTROMONARCHIES ET REFUGE DE LA MAFIA ISRAÉLIENNE
Un des principaux pourvoyeurs de la prostitution à destination du Golfe pétro monarchique, où près de vingt mille marocaines y font l’objet d’exploitations sexuelles, le Maroc passe de surcroît pour être un refuge pour la mafia israélienne. Le royaume aurait accueilli plusieurs anciens membres de la mafia israélienne, selon le quotidien israélien Haaretz, en date du vendredi 14 septembre 2012.
Gabriel Ben-Harush et Shalom Domrani, deux figures puissantes de la mafia israélienne, recherchées depuis des années par l’Interpol, figuraient parmi les noms cités par le journal. Cf à ce propos : https://www.yabiladi.com/articles/details/12903/maroc-refuge-pour-mafia-israelienne.html
Pour aller plus loin sur ce sujet cf:
https://www.renenaba.com/yves-mamou-et-le-phenomene-de-serendipite/
Ronen Bergman mentionne 2700 assassinats ciblés orchestrés par Israël ; soit en moyenne 40 opérations par an. Les Israéliens n’auront fait que reprendre les méthodes en vigueur en Palestine par les britanniques, notamment le général Orde Wingate, qui avait créé dans la décennie 1930 les «Special Night Squads», les «Escadrons Nocturnes Spéciaux» composés de combattants juifs chargés des raids contre les villages arabes en procédant à l’élimination des meneurs.
La France en a fait usage pendant la guerre d’Algérie et François Hollande a même admis que Paris y avait eu recours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les deux derniers présidents américains ont eu également recours aux «assassinats extrajudiciaires», George W. Bush jr, après les attentats terroristes du 11 Septembre 2001, et Barack Obama a ordonné plusieurs centaines d’exécutions ciblées par drones.
YASSER ARAFAT, CHEIKH AHMAD YASSINE, ABDEL AZIZ RANTISSI
La connivence israélo-marocaine s’est poursuivie en dépit de la décapitation du leadership palestinien, par les Israéliens, et le recours aux assassinats «extra judiciaires» des deux principaux dirigeants du Hamas, Cheikh Ahmad Yassine et son successeur Abdel Aziz Rantissi. Une collision qui acte une forme de forfaiture de la part du pouvoir chérifien.
Le livre suggère aussi clairement qu’Israël a utilisé un poison radioactif pour tuer Yasser Arafat, le chef historique palestinien, ce que les dirigeants israéliens ont toujours nié. Bergman écrit que la mort d’Arafat en 2004 correspondait à un modèle et avait des partisans. Mais il évite d’affirmer clairement ce qui s’est passé, expliquant que la censure militaire israélienne l’empêche de révéler ce qu’il pourrait savoir.
Deux monuments ont été édifiés au Maroc pour immortaliser l’oeuvre d’Hassan II : son mausolée à Rabat et la Mosquée de Casablanca, l’une des plus grandes du monde, qui porte son nom. Mais celui que la presse occidentale, particulièrement la presse française engourdie par la diplomatie de la Mamouniya, encensait comme un «Machiavel arabe doté de la baraka», se révélera être, à la lecture des révélations du livre de Ronen Bergman, un mauvais génie, une imposture.
Et les deux monuments édifiés à la gloire posthume du Commandeur des Croyants et Président du comité Al Qods, -mais néanmoins un des principaux artisans du bradage de la Palestine, au même titre que l’Arabie saoudite-, se perçoivent, rétrospectivement, comme les stigmates du règne hideux d’un parfait sous traitant de l’impérium israélo-occidental. D’un être maléfique. D’un souverain vil et servile.
Pour aller plus loin
1 – La dynastie wahhabite et le bradage de la Palestine
https://www.madaniya.info/2017/12/06/la-dynastie-wahhabite-et-le-bradage-de-la-palestine-1-2/
2- La soumission du Maroc à l’imperium israélo-américain
Maroc-Israël : Le Safari Club, la chambre noire du renseignement atlantiste et de leurs alliés monarchiques arabes (2)
Le Safari club, dont le Maroc en constituait le pivot central pour l’Afrique, tire son nom du lieu de la tenue de la première réunion des directeurs des services de renseignements du pacte atlantiste et de leurs alliés régionaux du Moyen Orient : «Mount Kenya Safari Club» (Safari Club du Mont Kenya), à Nanyuki au Kenya.
Dans l’esprit de ses concepteurs le safari Club devait assumer sur le plan opérationnel et sécuritaire une fonction équivalente à celle menée sur le plan idéologique par la trilatérale et le groupe de Bilderberg, le groupement des cosmocrates de la planète de sensibilité ultra libérale.
Face à l’Algérie, plateforme opérationnelle des mouvements de libération d’Afrique (Frelimo Mozambique, MPLA (Mouvement pour la Libération de l’Angola pour l’Angola, PAIGC d’Amilcar Cabral pour la Guinée Equatoriale, le Front Polisario (Sahara Occidental), African National Congress (ANC) d’Afrique du Sud, le Maroc a engagé une coopération triangulaire avec l’Arabie saoudite et la France en Afrique pour contenir le flux indépendantiste. La France se réservait la conception et l’encadrement du projet, le Maroc son exécution et l’Arabie saoudite, son financement.
À l’apogée de la guerre froide soviéto-américaine (1945-1990), sous l’égide de la Central Intelligence Agency, une alliance informelle entre services de renseignement d’Europe et du Moyen Orient s’est ainsi nouée mais dont les liens avec les États-Unis devaient être officiellement «contestables de manière plausible», selon le langage typique de la CIA.
C’est ainsi qu’en 1976, à l’arrière-plan des négociations de paix israélo-égyptiennes, qui devaient aboutir à la neutralisation de l’Egypte du champ de bataille arabe, les dirigeants des agences de renseignement pro-occidentaux se rencontrent secrètement au«Mt. Kenya Safari Club» (Safari Club du Mont Kenya), à Nanyuki au Kenya, pour élaborer un pacte informel visant à limiter l’influence soviétique en Afrique et au Moyen-Orient.
LE GROUPE FONDATEUR
Adnan Khashoggi, Kamal Adham, Jomo Kenyatta, Alexandre de Marenches, Henry Kissinger, Ahmad Dlimi, l’acteur William Holden.
Le groupe s’était réuni sous les auspices du marchand d’armes saoudien Adnan Khashoggi, du président kenyan Jomo Kenyatta et du secrétaire d’État américain Henry Kissinger.
Parmi les autres signataires de la charte originale figuraient le comte Alexandre de Marenches, directeur du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE, prédécesseur de la DGSE) (1); Kamal Adham, le chef d’Al Mukhabarat Al A’amah du royaume saoudien ; Ahmed Dlimi, chef du service de renseignement marocain ; enfin, le général Nematollah Nassiri, chef de l’agence de renseignement iranienne SAVAK. Le chef du Mossad d’Israël, Yitzhak Hofi, aurait informellement participé à cette première réunion du Safari Club.
Le «Mt. Kenya Safari Club», fondé en 1959, était la copropriété du magnat du pétrole de l’Indiana, Ray Ryan, qui avait des liens avec la CIA et la mafia, et de Carl W. Hirschmann Sr., fondateur suisse de Jet Aviation, une société internationale d’aviation d’affaires ayant des liens étroits avec la CIA et qui a été vendue à General Dynamics en 2008 ; enfin de l’acteur William Holden.
LE RÔLE DU SAFARI CLUB DANS LA NORMALISATION ISRAÉLO-ARABE
Le 18 octobre 1977, le Safari Club installait son quartier général opérationnel au Caire, jouant depuis la capigale égyptienne un rôle majeur dans la normalisation égypto-israélienne.
Kamal Adham, beau frère du Roi Faysal, était présent au Caire lors du discours du président Anouar Al Sadate annonçant son voyage à Jérusalem, dont la cheville ouvrière clandestin du projet aura été le Safari club. Sadate se rendra à Jérusalem le 19 novembre 1977, entraînant une reconnaissance de facto d’Israël par le plus grand pays arabe et son dégagement du champ du bataille.
Certes l’Egypte a récupéré le Sinaï, mais sa neutralisation a libéré Israël du front égyptien, qui se déchaïnera contre le front nord : annexion de Jerusalem 1980, destruction du réacteur nucléaire irakien de Tammouz (1981), invasion israélienne du Liban (1982).
Pour aller plus loin sur ce lien https://www.renenaba.com/la-malediction-de-camp-david/
Depuis cette date, plus aucune guerre conventionnelle n’a opposé Israël et les pays arabes. La permanence de la revendication arabe sur la Palestine s’est maintenue par les guerres assymétriques menées par des formations paramilitaires, le Hamas Palestinien depuis Gaza et surtout le Hezbollah Libanais depuis le sud Liban, obtenant le dégagement militaire israélien du territoire libanais, sans négociations ni traité de paix, fait sans précédent dans la polémologie contemporaine.
LE TRANSFERT DES FALASHAS D’ETHIOPIE VERS ISRAËL VIA LE SOUDAN ET LE RECRUTEMENT DES ARABES AFGHANS POUR LA GUERRE ANTI SOVIÉTIQUE D’AFGHANISTAN
La couverture du «Mt. Kenya Safari Club» jouera un rôle utile dans les réunions clandestines du Safari Club, y compris celle du 13 mai 1982 entre le ministre israélien de la Défense, Ariel Sharon, le président du Soudan, Jaafar al-Nimeiri, visant à mettre en route l’opération «tapis volant», le transfert massif des «Falashas», juifs éthiopiens d’Ethiopie vers Israël via le Soudan.
Un mois avant l’invasion du Liban, le 5 juin 1982, la réunion s’est déroulée en présence du milliardaire américano-israélien Adolph Schwimmer, fondateur d’Israel Aerospace Industries, de Yaacov Nimrodi, ancien officier de liaison du Mossad à Téhéran du temps de la SAVAK du Shah et le directeur adjoint du Mossad, David Kimche.
Par l’entremise du Safari Club toutes les concessions ont été faites du côté arabe, aucune de la part des Israéliens. Le soudanais Nimeiry a été renversé par un coup d’état et l’égyptien Sadate assassiné le 6 octobre 1981, au jour anniversaire de la célébration de la destruction de la Ligne Bar Lev.
Avec le transfert clandestin de son siège au Caire, le Safari Club devint un élément-clef dans le recrutement de combattants irréguliers arabes pour lutter contre l’Union soviétique en Afghanistan. Khashoggi a joué un rôle clé dans le financement de la «Légion arabe» en Afghanistan en s’appuyant sur le soutien de la famille royale saoudienne et du sultan Hassanal Bolkiah du Brunei.
Sur la créance du Monde musulman à l’égard de l’Occident, cf ce lien https://www.madaniya.info/2015/11/05/l-occident-face-a-l-extremisme-religieux-conte-d-une-folie-ordinaire/
L’ÉLIMINATION DES TÉMOINS ENCOMBRANTS
Deux des protagonistes du club périrent dans des conditions mystérieuses :
- Ray Rayan a été tué dans une voiture piégée à Evansville, Indiana.
- William Holden est mort dans son appartement de Santa Monica, en Californie, le 12 novembre 1981.
Selon la version officielle de son décès, l’acteur hollywoodien aurait trébuché sur la table de chevet et blessé au crâne. Il serait décédé par hémorragie. Holden était seul et il aurait agonisé pendant plusieurs heures, son corps n’a été découvert que trois jours plus tard. Le meurtre de Ryan a été une affaire classée mais non résolue, tandis que la mort solitaire de William Holden continue de susciter des interrogations. https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Holden
Un troisième larron, Adnan Khashoggi, avait profité en 1977 des problèmes fiscaux de Ryan avec le gouvernement américain pour acquérir le contrôle total du«Mt. Kenya Safari Club» qui devint simplement le «Safari Club». Le milliardaire saoudien servira toutefois de fusible saoudien dans le scandale de l’Irangate, la fourniture d’armes américaines à l’Iran Khomeiniste en pleine guerre irako iranienne (1979-1989), sous l‘ère Reagan et qui aboutit à la démission du colonel Olivier North du Conseil de sécurité américain. https://fr.wikipedia.org/wiki/Adnan_Khashoggi
LE SAFARI CLUB II : LA VERSION RIVALE
https://www.dedefensa.org/article/du-safari-club-au-safari-club-ii
Le Safari Club était responsable de la plupart des opérations clandestines de l’Occident contre l’Union soviétique dans les zones de conflit s’étendant de l’Afghanistan à la Somalie et de l’Angola au Nicaragua. Par une ironie de l’histoire le procédé du Safari Club est désormais utilisé par le camp anti occidental pour soutenir les Houthis au Yémen pour combattre les États-Unis, l’Arabie saoudite, Israël et leurs mandataires au Yémen, la Corne de l’Afrique, et le grand Moyen-Orient.
S’inspirant de la formule du Safari Club, les services de renseignement houthis ont conclu des accords informels avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) ou Pasdaran ; le Service de sécurité préventive (PSS) de Palestine ; les trois branches du renseignement du Hezbollah libanais, y compris l’Unité 1800, la branche du renseignement des opérations spéciales du Hezbollah ; enfin, avec le service de renseignement du Hamas, basé à Gaza mais dont les agents sont répartis dans tout le Moyen-Orient.
Cette alliance de forces antisionistes et anti-wahhabites, que l’on pourrait surnommer «Safari Club-II» est en mesure de lancer des opérations de pénétration de la frontière saoudienne du Yémen et mener des opérations militaires contre des cibles militaires et gouvernementales saoudiennes dans la province d’Asir en Arabie saoudite.
Le renseignement houthi effectue également une surveillance et des reconnaissances des bases navales israéliennes en mer Rouge dans l’archipel des Dahlak, en Érythrée et dans le port de Massawa. Les Houthis ont également surveillé les opérations militaires saoudiennes et émiraties dans la ville portuaire d’Assab en Érythrée.
Le Safari Club-II se bat contre de nombreux membres du Safari Club original. À l’exception de l’Iran, membre du Safari Club-II mais sous un régime complètement différent, il s’agit de l’Arabie saoudite, d’Israël, de la France, de l’Égypte, du Maroc et d’autres satellites des États-Unis, et du Soudan. Henry Kissinger, un des parrains du Safari Club originel, conseille maintenant le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, relais du Mossad à la Maison Blanche, sur ses contacts fréquents avec les dirigeants saoudiens et d’autres acteurs régionaux, y compris les Israéliens.
Le Safari Club-II dispose de ce dont manquait le Safari Club originel : un soutien populaire qui s’explique par la conjugaison des intérêts des populations opprimées du Yémen, du Liban et de la Palestine (Cisjordanie et Gaza), ainsi que les préoccupations géopolitiques de sécurité de l’Iran.
Note
- À propos d’Alexandre de Marenches, Directeur de la DGSE, faux gaulliste mais néanmoins propulsé à ce poste par Georges Pompidou dans la foulée du scandale Marcovitch, concocté par des gaullistes historiques pour lui barrer la voie à l‘élection présidentielle, cf à ce propos une version non autorisée de la biographie de ce comte barbouze, «Le Maître du secret, Alexandre de Marenches, légende des services secrets français» par Jean Christophe Nottin, fondé sur les archives personnelles de ce cabotin inimitable. Editions taillandier 2018- 555 pages, 20,90 euros.
Ci joint le cri de douleur de l’écrivain Tahar Ben Jelloun devant la trahison de l’Arabie Saoudite
https://fr.le360.ma/blog/le-coup-de-gueule/non-larabie-saoudite-nest-pas-un-pays-ami-ni-frere-168171
Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l’AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l’information, membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme et de l’Association d’amitié euro-arabe. Auteur de « L’Arabie saoudite, un royaume des ténèbres » (Golias), « Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l’imaginaire français » (Harmattan), « Hariri, de père en fils, hommes d’affaires, premiers ministres (Harmattan), « Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David » (Bachari), « Média et Démocratie, la captation de l’imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l’Institut Scandinave des Droits de l’Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l’Association d’amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l’Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l’Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.
Source : madaniya.info
https://www.madaniya.info/2018/11/17/maroc-israel-hassan-ll-la-grande-imposture/#comment-21336
&
https://www.madaniya.info/2018/11/22/maroc-israel-le-safari-club-la-chambre-noire-du-renseignement-atlantiste-et-de-leurs-allies-monarchiques-arabes/




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