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Irak : le camp Liberty transformé en prison PDF Imprimer Envoyer
Par : afriqueasie   
Publié le : 20/02/12

Les résidents du camp d'Achraf sont soumis à des traitements dégradants dans le nouveau camp, mal nommé "Liberty".

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Le samedi 18 février à 7 heures du matin, dès l’arrivée des autocars transportant 397
résidents du Camp d’Achraf à l’entrée du Camp Liberty, les forces irakiennes se sont
livrées à des actes répressifs pour harceler et intimider les arrivants. Cela alors que les
résidents s’étaient rendus vendredi à 14 heures au parking des cars où les forces
irakiennes ont procédé, 12 heures durant, aux fouilles inhabituelles assorties d’insultes et
des actes humiliants. Tout indique que le gouvernement irakien cherche, sur ordre du
régime iranien, à transformer Liberty en une prison en bonne et dû forme. La Résistance
iranienne met en garde le gouvernement américain, le Secrétaire général des Nations-
Unies et le Conseil de Sécurité d’empêcher la transformation du Liberty en une prison,
prélude à une catastrophe humanitaire :
1- Le samedi 18 février au matin, lors de leur arrivée au Camp Liberty, les résidents
se trouvent face à un bourreau et un criminel notoire nommé Sadegh Mohammad-Kazem
assurant le commandement des forces irakiennes sur place : impliqué directement dans
les deux massacres des résidents d’Achraf en juillet 2009 et avril 2011, celui-ci est à ce
titre poursuivi par le tribunal national de l’Espagne. Ce bourreau se comporte comme les
gardiens des camps de prisonniers de guerre voire des camps de concentration. Dès
l’arrivée des résidents, il exige qu’ils se mettent en ligne pour l’appel, ce qui suscite leur
vive protestation.
2- Dès l’arrivée des autocars transportant les résidents à l’entrée de « Liberty », les
forces irakiennes, sur ordre de ce même criminel, ont voulu procéder à de nouvelles
fouilles des résidents et de leurs affaires personnelles, mais ces derniers ont refusé de
débarquer en signe de protestation et ont demandé de retourner à Achraf affirmant qu’ils
n’accepteraient jamais d’être prisonniers.
3- Suite à une protestation vigoureuse du représentant des résidents, des contacts
entre Washington, Paris et Bagdad et l’intervention de Mme. Maryam Radjavi, la
présidente-élue de la Résistance, les agents irakiens ont mis fin à leurs exigences illégales
et se sont contentés d’utiliser des chiens policiers pour renifler les affaires des résidents.
Ainsi, c’est vers 14h30, 24 heures 30 minutes plus tard que prévu, que les cars sont entrés
dans le Camp Liberty.
4- Les forces irakiennes de répression sous le commandement de Sadegh se
trouvaient partout à l’intérieur du camp encerclant même le réfectoire. Les résidents ont
déclaré qu’ils refuseraient d’entrer dans cette salle tant que les hommes armés irakiens y
étaient présents. Dans un autre acte insensé, Sadegh avait ordonné que les résidents
soient installés par groupe de deux personnes dans les bungalows qu’il avait désigné luimême.
Les résidents ont simplement ignoré cet arrangement. Selon les derniers rapports,
suite aux vives protestations des résidents contre la présence de ce bourreau sur les lieux,
un responsable irakien a annoncé à ces derniers que Sadegh ne serait plus présent à
Liberty.
5- Les premiers rapports reçus du Camp Liberty indiquent que contrairement aux
assurances initiales de l’UNAMI, l’état des infrastructures et des sanitaires sont
nettement en dessous des normes acceptables. Les bungalows et leurs installations sont
extrêmement sales et non-hygiéniques et de nombreux travaux de préparation seront
nécessaires avant l’installation des résidents.
6- La fouille des affaires des résidents d’Achraf avait commencé jeudi à 11h20 en
utilisant des détecteurs du métal et des chiens policiers en présence du chef de la police
de la province de Dyala, le brigadier-général Jamil al-Chemri. Les forces irakiennes
engagées directement ou indirectement dans ces fouilles et le processus du transfert
étaient au nombre de 800 au moins. Selon une dépêche de Reuters le 18 février, « la
fouille minutieuse des affaires personnelles de chaque individu a duré de longues heures
et c’est seulement après 48 heures que les médias ont été invités à constater leur départ et
transfert vers Liberty ». Certains objets précieux appartenant aux résidents ont été volés
par les agents irakiens pendant les inspections.
7- Contrairement aux dispositions du mémorandum d’accord entre les Nations
Unies et le gouvernement irakien, et à l’inverse des accords ultérieurs entre les résidents
et le Représentant spécial du Secrétaire général, les résidents ont été interdits d’emporter
une partie de leurs biens mobiliers et la plupart de leurs véhicules. Selon l’Associated
Press, « Les soldats irakiens ont fouillé ces exilés pendant presque une journée entière
avant leur départ d’Achraf. Les agents ont interdit les résidents d’emporter certains de
leurs biens mobiliers comme des appareils photo, fours micro-onde, des paraboles
satellites pour accès à l’Internet et même dans un cas une paire des bas de contention
orthopédique. Les interdictions incluaient les chaises et les tables, les fauteuils roulants et
même des couteaux à fruits. »
8- Les bourreaux qui dirigeaient ces pressions à Achraf étaient notamment deux
officiers criminels, le lieutenant Heydar Azab-Machi et le capitaine Ahmad Khuzeir, tous
les deux ayant commis un grand nombre d’actes répressifs à l’encontre des résidents
d’Achraf au cours des dernières années. Tous les deux appartiennent à la Force Qods.
Lors des fouilles des affaires des résidents, Heydar leur avait lancé : « A Liberty, le
colonel Nezar vous attend ». Nezar est un officier irakien particulièrement violent et
brutal qui était chargé de l’exécution des ordres du Comite de la répression d’Achraf et
de la Force Qods contre les Achrafiens au cours des dernières années.
9- Ces fouilles humiliantes et particulièrement torturantes se déroulaient en présence
des observateurs de l’UNAMI qui ne réagissaient aucunement pour corriger ce
comportement inhumain.
10- Alors que les inspections et les fouilles étaient en cours à Achraf, un nombre de
véhicules de l’ambassade du régime des mollahs à Bagdad et des agents de la Force Qods
étaient présents dans les locaux du bataillon irakien. Au moment du départ du convoi
transportant les résidents vers 2h du matin, plusieurs agents du régime iranien rassemblés
à l’entrée principal d’Achraf, ont jeté des pierres en direction des autocars qui sortaient.
Le événements des 17 et 18 février confirment les positions et les dénonciations de la
Résistance iranienne soulignant que le projet du déplacement des résidents d’Achraf à
l’intérieur de l’Irak est en une exigence du régime iranien ; et l’opération est dirigé par la
Force Qods de ce régime. Comme les résidents l’ont déclaré auparavant, après avoir
montré leur bonne volonté en acceptant le transfert d’un premier groupe de 400
personnes, il est temps pour les Nations Unies et les Etats-Unis d’assurer les demandes
minimales des résidents : qu’il soit mis fin à la présence de la police à l’intérieur du
camp; que le poste de police soit installé à l’extérieur de celui-ci ; que les entraves au
transfert des véhicules et des biens mobiliers des résidents soient levées ; que leur liberté
du mouvement soit assurée ; que le camp soit agrandi et que ses portes soient ouvertes
aux avocats et journalistes ; faute de quoi, Liberty ne serait qu’une prison où personne
d’autre ne serait disposée à s’y rendre.
Le Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 19 février 2012