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Par : Al-Manar
Publié le : 1/02/13

Chronique des massacres quotidiens.

Un massacre a été perpétré en Syrie, presque qu’en même temps que celui d’Alep, mais n’a pas du tout eu la même couverture médiatique. Et pour cause, ses victimes sont les Alaouites, les frères de sang du président syrien Bachar al-Assad, leur mort ne pouvant servir la campagne médiatique qui escorte une séance du Conseil de sécurité sur la Syrie. Contrairement à ceux de leurs frères sunnites, dont la mort a été pourtant causée par leurs frères de sang, les sunnites des mouvements djihadistes

Le 29 janvier, après un siège qui a duré 15 jours, les miliciens d’Al-Farouk et de Khaled Ibn Al-Walid ont pris d’assaut les quartiers de la localité d’Amiriyyé, situé à 25 km à l’est de Homs, tuant et blessant au moins 100 personnes.
Selon un rescapé qui s’est confié au journal jordanien en ligne Akhbar el-balad, une vingtaine de voitures équipées de mitrailleuses ont investi le village et ouvert le feu sporadiquement, contraignant les survivants, des femmes et des enfants surtout à prendre la fuite vers le village voisin de Ghasibiyyé.
Selon un autre habitant du village, les forces gouvernementales qui ont été appelées au secours, ont tardé à venir et se trouvent toujours sur le chemin.
Sur un site de l’insurrection sur Facebook, il est écrit que « le village nassyrien (alaouite) a été nettoyé », ce que confirme le site Syria Truth selon lequel « les habitants de ce village sont taxés de chabbihas – voyous – du régime et ont été tués pour des raisons confessionnelles ».

Alep : 400 à 500 sympathisants du régime enlevés, pourtant tous des sunnites !
Toujours selon le site Syria Truth qui est un site aussi bien hostile à l’insurrection qu’au régime syrien, le massacre perpétré dans le quartier Boustane al-Kasser d’Alep était plutôt prévu et s’inscrit dans le cadre de liquidation de tous les civils sympathisants avec le régime syrien.
À cet égard, il rappelle avoir publié le 23 janvier dernier un article signalant que le front Al-Nosra avait mis en place un camp de séquestration dans les bâtiments et les installations du jardin et du lycée Talae’, ainsi qu’à Boustane al-Kasser et dans d’autres sites officiels occupés par les milices Brigade al-Tawhid et les Libres du Levant.
Citant des sources aleppines sur place, il assure qu’entre 400 et 500 personnes enlevées y étaient séquestrés, la plupart étant des civils aleppins sympathisants avec le régime. 
40 à 50 d’entre eux avaient été exécutés, après avoir été jugés par un tribunal milicien, et enterrés dans les régions agricoles Karam-Kasser lequel renferme désormais un énorme charnier. Leur unique grief, selon le « chef d’accusation » est qu’ils sont « des Chabbihas – voyous – qui soutiennent le régime ».
À noter que certains médias et agences internationales ont accusé ou laissé entendre que les forces gouvernementales l’ont perpétré. Comme d’habitude, à l’instar des autres massacres manipulés et médiatisés pour faire pression sur les autorités syriennes, ses échos sont parvenus dans l’instance onusienne du Conseil de sécurité qui se préparait à auditionner le médiateur Lakhdar Ibrahimi.

Les tentatives du Guardian de blanchir la page du Front Al-Nosra
Il est à noter que certains médias et agences internationales se sont mis dernièrement à blanchir la page des milices « djihadistes ».
Les miliciens du Front Al-Nosra sont par exemple présentés comme étant des éléments intègres qui ne s’adonnent pas aux pillages. Selon l’AFP, ils sont désormais consultés par les habitants des régions qu’ils contrôlent pour résoudre les problèmes personnels des gens.
Pour sa part le magazine britannique The Guardian tente de dissimuler les faits que cette milice s’en prend aux Chrétiens. Il a signalé par exemple que la localité chrétienne Yaakoubiyya, assiégée par les miliciens depuis le mois de décembre dernier est tombée entre leurs mains. Mais il a occulté de révéler qu’ils ont détruit son église, après l’avoir pillée, comme l’assure le site Syria Truth.
Sur le site égyptien Al-Akbat Mouttahidoune (les Coptes Unis), est publiée une vidéo dans laquelle les miliciens exposent leur butin pillé de l’église, dont de T-Shirts frappés de l’effigie du Christ. Selon le site, ces affaires sont qualifiées « d’ordures et de saletés » par les miliciens.
Des images lointaines de l’église montrent qu’elle est délabrée.

Comme s’il est permis de tuer les Alaouites
De plus, le magazine britannique rapporte que le front Al-Nosra qui s’impose selon lui de plus en plus dans le sud d’Idleb, notamment dans les régions qui étaient sous l’emprise des forces gouvernementales se comporte bien avec les Syriens, mais pas avec les Alaouites qu’ils tuent directement.
Son correspondant dit aussi que les miliciens épargnent les maisons des Chrétiens mais détruisent seulement celles des Alaouites. Comme s’il tente de les disculper auprès de l’opinion publique occidentale.
Selon les informations venant du gouvernorat d’Idleb, Arab-Press indique que l’armée régulière a tué 24 miliciens, et détruit leur siège situé dans les fermes proches de la localité Nayrab, y compris l’artillerie qui s’y trouvait et un véhicule transportant des armements et des munitions.
Par ailleurs, et mais dans la province d’Idleb, des accrochages violents ont éclaté entre les miliciens de deux groupuscules armés. Selon Arabi-Press, le bataillon "Notre seigneur Mohammad" commandé par Mohammad Istanbouli et la brigade des martyrs d’Idleb dirigée par Anis Azzer se sont tirés les uns sur les autres pour des raisons de distribution de butin. Un de ces derniers a été tué et 4 autres blessés gravement.
D’autre part, l’agence de presse iranienne Fars press a révélé qu’un nouveau milicien saoudien a été tué par balles par les forces gouvernementales sur la rue reliant Sarmine à Idleb. Combattant comme la plupart des Saoudiens dans les rangs de la milice d’Al-Qaïda, il se nommait Abou Saïf el-Mouhajer.
Dans le gouvernorat de Deraa limitrophe avec la Jordanie, le site Arabs-Press a assuré que l’armée régulière a sécurisé la localité Basar-alHarir et infligé de lourdes pertes aux miliciens qui s’étaient préparés pour mener une attaque contre les régions druzes du gouvernorat voisin de Souwayda. D’autres médias signalent toutefois que des accrochages et des tirs de feu ont toujours lieu.
Dans la province de Damas, l’armée régulière poursuit la traque des insurgés armés à Darayya où elle a mis fin aux francs-tireurs et démantelé un certain nombre d’engins explosifs dans l’entourage du mausolée de Sayedda Zaynab, la petite fille du prophète Mohammad (s). Il y est question de 5 miliciens de l’ASL tués.
Des accrochages ont eu lieu dans l’entourage de ce mausolée, dont entre autres dans les localités Hajar-Asouad, Sabayna, et Nabak. Les repaires des miliciens dans le quartier Joubar et la région de Zabadani ont fait l’objet d’un pilonnage de l’armée régulière.
Dans la province d’Alep, des regroupements de miliciens dans la région de Safira et Mang ont fait l’objet d’une attaque importante de la part des forces gouvernementales et essuyé des pertes moyennes. 
Mardi, les forces gouvernementales ont arrêté un de chef de milice de l’ASL dans cette ville s’appelant Hassan Moukhayber.

Version AFP-OSDH : au moins 47 morts lors de combats dans le nord-ouest syrien
Au moins 21 rebelles et 26 soldats ont été tués en moins de 48 heures lors de combats pour la prise d’un barrage de l’armée dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté jeudi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
  
« Des soldats et des rebelles du Front (jihadiste) Al-Nosra et des brigades Ahrar al-Cham et Daoud s’affrontent violemment" autour de deux check-points pris par les rebelles mercredi, a indiqué cette ONG qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins.
"Au moins 26 soldats ont été tués », a précisé l’OSDH, ajoutant que « ces combats ont fait au moins 21 morts parmi les rebelles, dont 12 combattants arabes (non Syriens), parmi lesquels un commandant d’Al-Nosra ». Washington a placé le Front Al-Nosra sur sa liste des organisations terroristes.

Une large zone de la province d’Idleb, frontalière de la Turquie, échappe au contrôle de l’armée.
 Ailleurs dans le pays, des combats opposaient soldats et rebelles dans le sud de Damas, bombardé, avec la périphérie sud de la capitale, par l’artillerie du régime, selon l’OSDH.
Dans la ville de Homs, plus au nord, le quartier de Khaldiyé, assiégé depuis plus de six mois par l’armée, était sous les feux des roquettes, selon l’OSDH, tandis que sept rebelles ont péri dans des bombardements et combats autour de cette ville surnommée la « capitale de la révolution » par les militants.
Et des bombardements ont également visé les provinces de Hama (centre), Deraa (sud) et Deir Ezzor (est).