N°11 - Octobre 2006

N° 137 - Avril 2017

N° 136 - Mars 2017

N° 135 - Février 2017

N° 134 - Janvier 2017

Inscription Newsletter

Par : Paul Craig Roberts
Publié le : 12/04/17

Washington a réouvert le conflit avec son attaque de missiles Tomahawk sur une base aérienne syrienne. Le système de défense anti-aérien russo-syrien n’a pas empêché cette attaque…

agression americaine en syrie

 L’establishment de Washington a repris le contrôle. D’abord Flynn puis Bannon ; tout ce qui reste à Trump et son administration sont une clique de sionistes et de généraux barjots qui veulent la guerre avec la Russie, la Chine, l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord.

Il n’y a personne à la Maison Blanche pour les arrêter.

Vous pouvez dire adieu aux relations normalisées avec la Russie.

Le conflit syrien va être ré ouvert. C’est l’objectif de l’attaque chimique pour laquelle Washington accuse la Syrie et ce malgré l’absence de toute preuve concordante. Il est parfaitement évident que l’incident chimique est une affaire orchestrée par Washington. D’après des comptes rendus le ministre des AE Tillerson a averti la Russie qu’une procédure est en marche pour retirer le président Assad du pouvoir. Trump est d’accord.

Le retrait d’Assad permet à Washington d’imposer une nouvelle marionnette sur des peuples musulmans, de mettre fin à un gouvernement arabe ayant une politique indépendante de Washington, de faire chuter un autre gouvernement qui est opposé au vol de la Palestine par Israël et pour Tillerson d’Exxon-Mobil et les hégémonistes nouveaux cons, de couper l’apport de gaz naturel russe en Europe en ayant finalement un gazoduc contrôlé par les Américains allant du Qatar vers l’Europe via la Syrie.

NdT : Nous rappelons à nos lecteurs que nous avons de longue date suivi la ligne de la “guerre du gaz en Syrie” en analysant les évènements se situant en amont du début de la guerre impérialiste par procuration déclenchée en Syrie en 2011, après la chute de la Libye organisée par l’OTAN et qui a sa source dans le refus de Bachar Al Assad en 2009, d’autoriser le passage d’un gazoduc qatari (donc d’Exxon-Mobil, dont Tillerson était le CEO, tiens, tiens…) à travers le territoire syrien pour alimenter en gaz le marché européen, pour perturber les ventes de gaz russe au vieux continent.

En ignorant tous ces avantages américains, le gouvernement russe a tempéré dans la libération complète de la Syrie des griffes d’un EI créé et soutenu par Washington. Les Russes ont tempéré leur action parce qu’ils avaient des espoirs totalement irréalistes de pouvoir réaliser un partenariat avec les Etats-Unis dans un effort commun de combattre le terrorisme. (NdT : Les Russes devraient toujours avoir pourtant à l’esprit que les USA ont créé Al Qaïda, donc le terrorisme islamiste, au début des années 1980 pour lutter en Afghanistan… contre la Russie alors soviétique…)

Ceci fut une idée absolument ridicule considérant que le terrorisme est l’arme de Washington. Si elle ne peut pas pousser la Russie hors de son chemin par des menaces ou toujours plus d’espoirs russes mal placés de “coopération” avec elle, le terrorisme sera la prochaine étape qui sera dirigé contre l’Iran sur une grande échelle. Lorsque l’Iran sera tombé, le terrorisme travaillera au corps la Fédération de Russie et la province chinoise frontalière du Kazakhstan. Washington a déjà donné à la Russie un avant-goût du terrorisme made in america avec les guerres de Tchétchénie. Bien plus est à venir.

Si le gouvernement russe n’avait pas tempéré dans le nettoyage de l’EIIL en Syrie lorsque la Russie prit de manière inattentue la tête de la lutte anti-terroriste, la Syrie n’aurait pas à faire face aujourd’hui à une partition de son territoire ni à une détermination renouvelée des Etats-Unis de renverser Assad pour les raisons mentionnées ci-dessus. Mais les Russes, hypnotisés par des rêves de coopération avec Washington (NdT : facilités également par le discours arrangeant de Trump…) se sont mis eux-mêmes ainsi que la Syrie dans une position difficile.

Les Russes ont saisi l’initiative et ont surpris le monde en acceptant l’invitation du gouvernement syrien d’entrer dans le conflit. Washington ne put rien y faire. L’intervention russe renversa immédiatement la marée contre l’EIIL. Puis, soudainement, Poutine annonça un retrait russe, clamant comme Bush sur un porte-avions “Mission accomplie !”

Mais la mission n’était pas accomplie et la Russie rentra de nouveau, toujours en ayant l’initiative, mais avec le retard dû à ce retrait irrationnel du terrain. Si on se rappelle bien, cette affaire d’entrer et sortir s’est produite plusieurs fois. Puis quand la Russie avait la guerre contre l’EIIL gagnée, elle s’est de nouveau retenue de conclure dans la vaine croyance que Washington allait finalement coopérer avec elle en éliminant les derniers retranchements de l’EIIL. Au lieu de cela, les Etats-Unis envoyèrent des forces militaires pour bloquer les avances stratégiques syro-russes. Le ministère des AE russe se plaignit, mais la Russie n’utilisa pas sa puissance supérieure de terrain pour écarter la force américaine insignifiante et amener le conflit à sa conclusion finale.

Maintenant Washington donne des “avertissements” à la Russie de ne pas se mettre en travers de son chemin. Le gouvernement russe apprendra t’il finalement que la coopération avec Washington n’a en fait qu’une seule signification : signer en tant que vassal ?

La seule alternative russe maintenant est de dire à Washington d’aller se faire foutre, de lui dire que la Russie ne permettra plus toute tentative de retirer Assad du pouvoir. Mais la 5ème colonne russe, qui est alliée avec l’occident, va insister pour que la Russie puisse enfin gagner la coopération de Washington si seulement la Russie sacrifiait Assad. Bien entendu,, l’acceptation de la Russie détruira l’image du pouvoir russe et cela sera utiliser pour priver la Russie de recettes en devises étrangères pour se ventes de gaz naturel à l’Europe.

Poutine a dit que la Russie ne pouvait pas faire confiance à Washington. Ceci est une déduction tout à fait correcte en provenance des faits, alors pourquoi donc la Russie passe t’elle son temps à s’enfermer dans la recherche d’une “coopération” avec les Etats-Unis ?…

La coopération avec Washington” n’a qu’une et une seule signification : cela veut dire abdiquer, se rendre à l’empire.

Poutine n’a que partiellement nettoyé la Russie. Le pays demeure rempli d’agents américains. Poutine va-t-il tomber devant l’establishment de Washington comme est déjà tombé Trump ?…

Il est assez extraordinaire de constater à quel point les médias russes ne comprennent que si peu le danger auquel doit faire face la Russie…

Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8463

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Source : Paul Craig Roberts - Institute for Political Economy

http://www.paulcraigroberts.org/2017/04/06/trump-surrendered-will-putin-next-surrender/