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Par : Christine Abdelkrim-Delanne
Publié le : 13/03/17

Dans une interview à RT (Russian Today), la politicienne Randa Kassis, explique comment le médiateur de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura a exclu des négociations de Genève,  les participants aux pourparlers d’Astana, suite au veto opposé par la France et son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et le Qatar.

Les opposaants syriens

 En tant qu’envoyé général de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura n’avait aucun droit de prendre en compte ce veto et aucune obligation de satisfaire la France et le Qatar. « D’autant plus que c’est la plate-forme Astana qui a facilité les négociations sur la composante militaire de la question syrienne », ajoute Randa Kassis qui estime que la position de la France sur la Syrie ne changera pas radicalement après les élections présidentielle, quel qu’en soit le résultat.

Randa Kassis est l’un des membres les plus connus de l’opposition syrienne civile, ancien membre du Conseil national syrien de décembre 2011 jusqu’à son exclusion, en août 2012, à la suite de déclarations sur la montée en puissance des islamistes et des jihadistes. En 2012, elle fondait le Mouvement de la société pluraliste (laïcs, chrétiens, kurdes, alaouites, sunnites, minorités ethniques, confessionnelles et idéologiques) dont elle assure la présidence. Elle est, également, présidente de la Coalition laïque syrienne entre 2011 et 2012.

Les pourparlers de paix d’Astana, à l’initiative de la Russie soutenue par la Turquie et l’Iran, se sont tenus le 23 janvier dans la capitale du Kazakhstan, en prévision des négociations de paix de Genève. Dès le début de la guerre en Syrie, le chef de l’État kazakh, Noursoultan Nazarbaïef, très actif diplomatiquement,  s’était saisi du dossier et avait reçu une trentaine de membres de l’opposition syrienne qui avaient signé un appel aux combattants étrangers à quitter le territoire.

Randa Kassis estime que ce nouveau round de discussions, à Genève, est « un format sans issue ». « Ce n’est que du bavardage, on y parle d’un gouvernement de transition, d’une nouvelle Constitution, mais on n’arrive pas à trouver un accord, étant donné que ce processus de Genève n’a aujourd’hui pas de poids, que ce soit au niveau international ou à tout autre niveau. » Pour la politicienne, seul Astana peut permettre de relancer le processus politique « et de parvenir à certains accords, à des plans d’action et un calendrier pour leur mise en œuvre ». Il peut rendre, également, possible un « accord sur une vision claire de l’avenir de la Syrie. Dans ce sens, il deviendrait possible d’aboutir à un accord à Genève sur la base de ceux conclus à Astana.

En 2015, Randa Kassis a réuni à deux reprises des opposants syriens à Astana pour former une plateforme qui puisse rassembler des opposants sérieux et réalistes. En 2016, elle avait participé aux négociations de Genève en tant que présidente de la plateforme. On peut donc s’étonner de l’interdit qui lui est opposé aujourd’hui, ainsi qu’à ses collègues. Sans doute faut-il en chercher la raison dans les pressions exercées par l’Arabie saoudite, alliée de la France,  pour faire avancer la « Plateforme de Riyadh » présentée par « ses » opposants syriens du « Haut comité de négociations ». « Nous ne devons pas permettre à la plateforme de Riyadh de tenir les négociations de Genève en otage », a déclaré à la presse Bachar al-Ja’afari, le négociateur du gouvernement syrien, accusant certains des membres de ce groupe de recevoir des financements de l’Arabie saoudite, d’Israël et de la Turquie.

Ainsi, comme l’a voulu Riyadh, la question du terrorisme, gênante pour les Occidentaux et leurs alliés saoudiens qui ont soutenu politiquement, financé, entraîné et armé différentes branches en Syrie, n’est pas inscrite à l’ordre du jour de Genève 4. « Nous avons entendu que la plateforme de Riyadh refusait l’intégration du contre-terrorisme », soulignait Ja’afari. « Ce n’est pas une surprise car certains membres de la délégation sont membres de groupes terroristes armés », précisait-il, ajoutant que certains membres du HCN sont, également, membres des services turcs et saoudiens.

Sources : https://francais.rt.com/   - https://www.rt.com/news/ - http://www.france24.com