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Par : Nayla Abdul-Khalek - envoyée spéciale
Publié le : 19/05/17

La 70ème édition du Festival de Cannes se déroule dans une ambiance de passion du cinéma, certes, mais aussi et surtout de sécurité. Desdispositifsimpressionnants ont été mis à la disposition de cette manifestation internationale, partout, en tout lieu et à tout moment.

L’entrée en matière était bien longue à démarrer à cause des longues files d’attente pour l’obtention des accréditations, l’accès aux films, l’entrée au palais… mais Cannes reste Cannes et les festivaliers jouent le jeu avec sourire et patience, conscients de la nécessité d’être sécurisés.

Afrique-Asie a vu quatre films hier, premier jour du festival, quatre longs métrages, trois en compétition officielle et le quatrième en compétition d’Un Certain Regard.

Nelyubov photos

La projection du matin était celle de « Wonderstruck », un film de deux heures environ, adapté du roman de Brian Selznick, l’auteur de HUGO CABRET et réalisé par l’américain Todd Haynes.  Deux réactions bien distinctes ont été suscitées à la sortie de la projection l’une qui adhère, l’autre qui n’a trouvé dans le film aucun élément de conviction. Et c’est tout à fait compréhensible puisque la première moitié du film nous promène entre deux époques, les années 70 avec la partie de Ben et les années 20 en noir et blanc avec celle de Rose, où la symétrie est élaborée, le montage joliment réussi, l’ambiance bien prenante et la musique fortement présente.

Ces deux enfants rêvent d’une autre vie : Ben rêve de rencontrer le père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice, jouée par Julianne Moore.
Lorsque Ben découvrdans les affaires de sa mère  (Michelle Williams)l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête qui va les mener à New York.Et c’est à New York, justement, que la deuxième partie du film commence et où le scénario, surtout pour les étapes que subit Ben, devient dispersé et manque quelquefois de cohérence et de suite logique des événements et de lacunes dans les dialogues ne laissant pas de place pour le suspense ou l’élément surprise

photo Jupites moon

Faute d’amour

Peu de temps après la fin de « Wonderstruck », le départ fut donné à « Nelyubov » (Faute d’Amour)réalisé parAndrey Zvyagintsev. C’est l’histoire d’un couple qui se déchire cruellement, en plein divorce que leur fils adolescent de 12 ans, Aliocha, subitdans sa chair. Délaissé, négligé presque inexistant dans la vie de ces deux parents qui, parallèlement, mènent chacun de son côté une deuxième vie. Ils veulent vendre leur appartement et Aliocha n’entre aucunement en compte et n’a pas d’opinion à donner… Aliocha disparaît, fugue ou enlèvement, et les deux parents se lancent, avec la police, dans une recherche longue, difficile et sans issue puisque l’adolescent n’est jamais retrouvé…

Zvyaginstsev, disciple de Bergman, nous avait épatés avec son film Leviathan, présent à Cannes en 2014. Trois ans après, il revient avec un film riche de thème, s’agissant des vies de couples dans une société contemporaine déshumanisée où l’on vit chacun pour soi, en oubliant les valeurs des concessions et du sacrifice pour des causes majeures telle l’équilibre d’un enfant et le noyau familial. Le casting est intéressant, la société russe actuelle est d’une certaine manière mise en valeur, l’image est attirante et intéressante et les scènes captivantes.  Mais, le seul souci, est le temps très long consacré aux recherches avec des détails communs à toutes les polices. De plus, le rôle accordé à l’enfant, axe de l’histoire, est minime. On ignore tout sur sa fragilité, son silence et sa discrétion dans un milieu où ses parents s’expriment dans un style haut, fort et cruel ainsi que le déséquilibre qui l’a mené à échapper à son monde… 

POSTER JUPITERS MOON

Jupiter’s Moon

Après les USA et la Russie, c’est à la Hongrie de présenter son film « Jupiter’s Moon » (La lune de Jupiter), de KornélMundruczo. La scène du début est forte. Des migrants en majorité syrienne, essaient de traverser la frontière hongroise… noyade, mort, balles, arrestations… L’un d’eux, Aryan se fait tirer dessus et découvre, sous le coup de sa blessure, qu’il est doté d’un pouvoir surhumain… il peut voler… Dr Stern, médecin, découvre son don et l’aide à s’échapper du camp de réfugiés où il avait été jeté… Voulant profiter de lui et vendre ses pouvoirs, il finit par se lier d’amitié pour lui et de l’aider pour fuir la police qui est parallèlement à la trace de son père, recherché pour acte de terrorisme… 

Une histoire et un traitement quelque peu étranges, avec des longueurs inutiles et des déclinaisons scénaristiques inutiles et qui n’apportent pas grand-chose au déroulement du film et de ses images. Le casting est bon avec des acteurs captivants et imbus de leurs rôles, le tout, dans une société hongroise, catholique, qui croit à l’ange salvateur et qui est en nette contradiction avec ce que lui impose la vie actuelle.

photo jupiters moon 2

Barbara

La fin de notre journée cinématographique d’hier a été marquée par une œuvre d’art pour les fans du grand acteur Mathieu Amalric qui a réalisé « Barbara », la Barbara, dans une ambiance de présent et de passé magnifiquement mis en scène, nous laissant quelquefois perplexes, ne sachant pas si les scènes qui défilent sont du film ou en flashback… 

C’est l’histoire d’une actrice va jouer Barbara. Le tournage commence bientôt. Amalric nous emporte dans le monde de la chanteuse où l’exceptionnelle Jeanne Balibar travaille jusqu’à devenir hantée et habitée par le personnage… La voix, le piano,les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, le tempérament, les scènes… Le réalisateur lui aussi avance sur son projet, à l’écran. Rencontres, archives, musique, le tout véhiculé par une passion claire et déroutante qu’il porte à Barbara et à Jeanne qui l’incarne…

La projection s’est soldée par une salve d’applaudissements de plus de dix minutes et c’est mérité !

« Barbara » a inauguré les films en compétition d’Un Certain Regard qui s’annonce très varié et riche, comme tous les ans et où, cette année, une réalisatrice tunisienne, Kaouther Ben Hania, est dans la course avec « 3ala Kaff 3afrit » (La belle et la meute)… 

Liens :

WONDERSTRUCK :

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/films/wonderstruck

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/actualites/audios/a-la-rencontre-de-l-equipe-de-wonderstruck-de-todd-haynes

NELYUBOV

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/films/nelyubov

JUPITER’S MOON

En attaché. 

BARBARA :

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/films/barbara

http://www.festival-cannes.com/fr/festival/films/barbara