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Par : Jacques Myard*
Publié le : 7/04/17

Personne ne peut admettre l’utilisation d’armes chimiques dans des conflits, et on peut parfaitement comprendre la vive émotion provoquée par l’utilisation de gaz sarin à Khan-Cheikhoun, en Syrie.

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Il est possible que le gouvernement américain ait la certitude que cette attaque au gaz sarin ait été effectuée par le gouvernement de Damas.

Néanmoins, l’expérience que nous avons du conflit en Syrie et en Irak nous a largement démontré qu’il y a malheureusement de très nombreuses manipulations et actes de désinformation de la part de tous les belligérants.

Nous avons tous en mémoire le discours prononcé par le Secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, au Conseil de Sécurité des Nations unies, le 5 février 2003 et les preuves falsifiées qu’il produisit sur ordre pour justifier l’intervention en Irak.

On ne peut non plus oublier la bavure de l’aviation américaine qui a bombardé le 17 septembre 2016 par une « erreur » programmée une unité de l’armée syrienne à Al-Tharda, près de Deir Ez-Zor.

Le Pentagone a délibérément agi pour saborder la politique de John Kerry, secrétaire d’Etat d’Obama. Il faut donc être conscient que le Pentagone poursuit ses propres objectifs de politique étrangère.

On sait, en outre, que conformément aux conclusions des rapports d’enquête de l’ONU, l’utilisation de gaz est le fait du régime syrien comme des islamistes terroristes.

La frappe de cette nuit par des missiles Tomahawk détruisant une base de l’armée de l’aviation syrienne, unilatérale, est de nature à avoir des conséquences bien au-delà de la volonté de punir Bachar Al Assad.

En effet :

- Elle intervient en violation du droit international que la France défend de manière constante, seul le Conseil de Sécurité peut dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies la justifier.

- Qu’on le veuille ou non, c’est un retour aux actions unilatérales défendues par l’administration BUSH II.

Les conséquences sur le monde arabo-musulman sont de nature à accroître les tensions au Proche et Moyen-Orient, à renforcer la volonté de certains Etats comme la Corée du Nord à se doter de moyens, y compris nucléaire pour résister à plus fort qu’eux dans une relation asymétrique.

On se souvient des déclarations de Pyongyang à Washington : « on veut la bombe car on ne veut pas que vous nous fassiez ce que vous avez fait à l’Irak ! »

La frappe américaine, que de nombreux Etats approuvent, est donc de nature à relancer de multiples tensions dans le monde.

A l’évidence, les Etats Unis se considèrent toujours comme le shérif international.

Il est de l’intérêt de la France, tout en condamnant l’utilisation d’armes chimiques, d’ouvrir les yeux et de ne pas applaudir frénétiquement aux frappes américaines car le monde vient de franchir un seuil dangereux pour sa stabilité.

 

*Député LR, maire  deMaisons-Laffitte