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Par : Tiambel Guimbayara
Publié le : 16/11/16

A l’issue d’une mission diligentée par le ministère malien des Affaires étrangères de la coopération internationale et de l’intégration africaine, suite à l’occupation du consulat par les jeunes de Yélimané, de nombreux problèmes à l’origine de la colère des Maliens de France, commencent à trouver solution. 

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Il faut rappeler que le 6 mai dernier, un sit-in des ressortissants de Yelimané devant le consulat du Mali a failli dégénérer n’eut été la réaction prompte et efficace des autorités diplomatiques au plus haut niveau. En effet, les jeunes de Yélimané majoritaires dans les foyers d’immigration de l’Ile-de-France, avaient entrepris sur les réseaux sociaux une campagne de dénonciation d’une taxe locale qu’ils trouvaient injuste et irrationnelle. Cette action virtuelle va se muer en association dénommée YelimaneDagakanéqui implante très rapidement des démembrements dans plusieurs pays à travers le monde. 

Sur le terrain, la contestation de cette taxe conduira les responsables de l'association à des actions. Pour lesquelles, ils sont mis sous les verrous sans ménagement. Consternés par la judiciarisation de leur mouvement, des réssortissants de Yélimané en France exprimeront leur ire par le sit-in susmentionné. La même opération de communication a été envisagée devant d’autres consulats du Mali. Celle de Paris, première de la série, et très médiatisée, a interpellé au plus niveau de l’Etat. C'est la raison de la mission conduite par les Affaires étrangères, dépêchée pour entamer des négociations avec les mécontents. 

Cette mission a auditionné non seulement les manifestants mais aussi les autorités diplomatiques et consulaires. Si les membres de YelimaneDagakanésont fondés à manifester leur mécontentement au nom des droits que le Mali et la France reconnaissent et protègent, il est évident que le consulat n'avait pas à être la cible de leurs  griefs. Un consulat ne doit pas être le théâtre de revendications portant sur une affaire portée dévant les juridictions nationales.

En réalité, cette manifestation a mis au jour un autre grief sous-jacent. Celui portant sur l'obtention du passeport biométrique. Dont l'acquisition par les Maliens en France, relève d'un véritable parcours du combattant.

La mission a donc entrepris de passer au peigne fin toutes les procédures de délivrance des actes administratifs aux usagers et tous les griefs portés contre le service consulaire par la communauté malienne. Ainsi, Il a été mis à jour l'action néfaste d’un réseau d'intermédiaires pour la délivrance des actes consulaires, à l'origine des longs délais d'obtention des documents. Pénalisant leurs compatriotes dans leurs relations quotidiennes avec les autorités françaises et leur mobilité internationale. 

Plusieurs irrégularités seront décelées avec un manque à gagner considérable. Grâce au démantèlement, d'un réseau de faussaires de visas. 

Aujourd'hui, cette opération de nettoyage a permis de ramener la sérénité au sein du Consulat dont les recettes à l’heure du biométrique avoisinent désormais les 240.000 euros. 

Désormais, au niveau du consulat, est fait le constat suivant : 

Le passeport biométrique

Fort des déboires passés, tout paiement s'effectue au niveau de la BMS. Une institution bancaire irréprochable. Ce dispositif a eu pour effet de dissiper les récurrentes plaintes liées à la disparition du reçu de paiement des usagers. 

Le visa électronique

Ce système a permis l'application de la réglementation en vigueur sur le voyage vers le Mali.

Avec la mise en place de ce visa, tous les demandeurs sont automatiquement enregistrés sur une base de données. Le numéro de leur passeport, leur filiation, leur photo, leur adresse en France et au Mali et le motif de leur voyage sont connus.

Ce mécanisme organise la traçabilité de l’entrée et la sortie des personnes au Mali sur la base du visa délivré par le Consulat du Mali d’une part et d’autre part permet de lutter efficacement contre le trafic de visa. 

Les recettes sont clairement identifiées : nombre de visas octroyés pendant une journée et le montant total des visas avec l'impression d'un état financier.

En termes de recettes, le travail effectué a commencé à produire les résultats encourageants. Le rapport financier donne entre 150.000 et 200.000 euros en moyenne par mois contre seulement 50.000 mille euros pour la même période sous l'ancien système.

Le personnel 

L'effectif pléthorique des agents toutes catégories confondues subit une réduction drastique avec le rappel de plusieurs diplomates. 

Les démarcheurs et les intermédiaires ont disparu, le réseau de trafic de visas démantelé avec à la clef des licenciements effectués au niveau du personnel recruté local.

Aujourd'hui, force est de reconnaitre qu’un vent de changement profond souffle sur le Consulat du mali en France. Il se fait sentir un réel soulagement exprimé par les usagers.

Le but n'est il pas la satisfaction des maliens de France qui sont au cœur de la politique du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) tel qu'il l'a affirmé lors de sa prise de fonction ?

 

TiambelGuimbayara