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Dossier dédié au 2 e festival  panafricain d’Alger et aux grands chantiers culturels en Algérie.

Une culture de progrès et de résistance

Renouveau culturel : Les chantiers de Bouteflika

Souvenir : Alger, 1969

Cinéma : « Algeria is back ! »

Théâtre : Une scène dramatique foisonnante

Arts plastiques : Art de A à Z

Communication : L'urgence numérique

Timbres : Entre histoire et tradition

Édition : Au premier front contre l’obscurantisme

Festival : Que la fête commence !

Proposé par Majed Nehmé, Yasser Meziane, Augusta Conchiglia, Mouloud Mimoun, Philippe Lebeaud, Samy Abtroun, Roland Garel.
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Editorial

Iran: le ver est dans le fruit
Quand rien ne change, tout change. Il y a trente ans, en 1979, la dictature du chah Mohammad Reza Pahlavi, réinstallé au pouvoir par la CIA et le MI6 et soutenu par une partie des ayatollahs, était balayée par une révolution populaire vite récupérée par ce même clergé. Dans son désormais célèbre discours du Caire, Barack Obama l’a officiellement reconnu. « Au milieu de la guerre froide , a-t-il déclaré,  les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. » Même s’il ne l’a pas nommé, il parlait du gouvernement du nationaliste et anti-impérialiste Mohammad Mossadegh , premier ministre d’Iran de 1951 à 1953, qui avait commis le « crime » d’avoir nationalisé l’industrie pétrolière iranienne. Après l’avoir appuyé, le très populaire ayatollah Kâshâni l’a lâché, en raison des idées trop modernistes et nationalistes, à ses yeux, que Mossadegh mettait en oeuvre. Près de vingt-six ans après, le régime du chah, surarmé par l’Occident et principal allié régional d’Israël, est renversé. Khomeini, réfugié politique en Irak depuis 1963, est expulsé en 1978 par Saddam Hussein, par souci de respecter les accords d’Alger qu’il avait signés avec le chah en 1975. Victime, entre 1970 et 1975, d’une guerre d’usure iranienne par Kurdes interposés, l’Irak s’était résigné à signer ces accords portant sur la cession à l’Iran de la moitié de la voie d’eau stratégique irakienne du Shatt al-Arab, en contrepartie de l’interdiction de toute ingérence des uns dans les affaires des autres. Autrement dit, l’Iran cessait de soutenir les rebelles kurdes. Un mois après ces accords, la rébellion kurde s’est effondrée comme un château de cartes. Quand Khomeini a voulu utiliser l’Irak pour faire tomber le chah, il a été expulsé. Il sera accueilli en France à Neauphle-le-Château, qui lui servira de quartier général de la révolution et qu’il ne quittera que pour rentrer en Iran, après que les détenteurs du pouvoir eurent été lâchés par leurs protecteurs occidentaux. À peine la révolution islamique proclamée, Khomeini se retourne contre tous ceux qui l’ont porté au pouvoir. À commencer par les plus progressistes opposants à la doctrine de Wilayat al-Faquih, ou gouvernement de droit divin, incarné par Khomeini et son successeur Khamenei. Le plus éminent de ces opposants est « l’ayatollah rouge » Mahmoud Taleghani qui dénonce la dérive théocratique de la révolution, mais meurt peu avant l’adoption de cette doctrine scélérate. Les mouvements de résistance armée au chah, et en premier lieu les Moudjahidine du peuple, sont implacablement réprimés dans le sang. C’est dans ce contexte que Khomeini, soucieux de consolider son pouvoir naissant, cherche un ennemi extérieur. Non seulement il refuse de se conformer aux accords d’Alger, mais surtout il déclare vouloir exporter la révolution islamique vers l’Irak « athée » et « laïc »! Ce sera la voie ouverte à la plus meurtrière des guerres, qui permit à Khomeini de liquider tous ses ennemis intérieurs. Avec l’invasion américaine de l’Irak et de l’Afghanistan – applaudie par les ayatollahs –, la dictature religieuse n’a pratiquement plus d’ennemis. Le dossier nucléaire est venu à point nommé pour ressouder le pays face à un ennemi extérieur imaginaire. Les déclarations bellicistes israéliennes sont aussi venues renforcer les ultras du régime. Paradoxalement, la neutralité affichée par Obama a libéré la parole du peuple. Lors de l’élection présidentielle, il a exprimé son rejet, au-delà des prétendus clivages entre conservateurs et réformateurs, de cette dictature religieuse d’un autre âge.
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