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Par : Jacques-Marie Bourget
Publié le : 7/03/17

On apprend à l’issue du procès qui vient de se tenir à Hambourg, concernant des étrangers et des réfugiés accusés d’avoir harcelé et violé des femmes en masse le soir du Nouvel An 2015-2016 à Hambourg et Cologne, que les accusations et les preuves sont inexistantes. Tout cela a été trafiqué par des policiers avec l’aide de certains faux témoins, tandis que des BHL arabes venaient en rajouter une couche. Quels médias vont en faire leur "une", après leur ruée sur ces "arabes et musulmans violeurs" ? *

Cologne faux

 Dans un article du 6 février, le quotidien allemand Bild rapportait que des réfugiés avaient agressé sexuellement des femmes et semé le chaos dans la ville, au soir du Nouvel An. Mais l’enquête de police est formelle. Tout est faux.

 On apprend maintenant que tous les autres clients et employés du restaurant contredisent les accusations portées contre les réfugiés et qu’une des supposées victimes ne se trouvait même pas dans le restaurant où elle a prétendu avoir été agressée !

 Mais après que le journal allemand "Bild" eût fait sa "une" de cette histoire inventée, tout le monde lui a emboité le pas.

 Trompé par deux faux témoins, le journal allemand Bild a présenté ses excuses à ses lecteurs, le 14 février dernier pour ses accusations sans fondement, incitant à la haine et à la critique de la politique d’accueil prônée par Angela Merkel.

 Bild a présenté ses excuses, "pour ne pas avoir retranscrit la vérité des faits et pour les fausses allégations à l’encontre des personnes concernées". Affirmant que "l’article ne correspond en rien aux standards journalistiques de Bild" et qu’il a été retiré du site internet, le journal allemand promet de diligenter une enquête interne pour identifier les raisons qui l’ont conduit à la faute....

 Comment peut-on prendre la responsabilité de déclencher en effet une telle émotion, de porter des accusations aussi graves contre les personnes les plus vulnérables de notre société — des réfugiés qui n’ont pas les moyens de se défendre— sur la foi d’un restaurateur et d’une mythomane, sans la moindre enquête policière à la clé ?

 Et ces "excuses" vont-elles pouvoir effacer les conséquences de ces calomnies ?

 Nous posons la question à l’ensemble des médias qui en ont fait leurs choux gras, sans parler de "nos intellectuels" qui sont aussitôt montés au créneau pour expliquer que les Arabes sont fondamentalement tous des violeurs ?

 Et des journaux qui se veulent de "référence", comme Le Monde, se sont même empressés d’aller interviewer sur le sujet de "fins connaisseurs", puisque arabes eux-mêmes, tels que le dénommé Kamel Daoud qui déblatérait en ces termes :

 - « L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. » « Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah, », « qui devient très visible chez l’islamiste par exemple. L’islamiste n’aime pas la vie. » « La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. »

  Et encore :

 - « Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à "voiler" ». Ce « monde d’Allah » « fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté ».

 - Dans sa contribution publiée en traduction dans le New York Times, « The sexual misery of the Arab World » (La misère sexuelle du monde arabe), Kamel Daoud ressasse le même prétendu rapport malsain des musulmans au sexe, allant jusqu’à inventer que dans son pays (l’Algérie), "les bancs publics sont sciés afin de ne pas permettre aux personnes de de sexe différent de s’asseoir les uns trop proches des autres."

 Et d’ajouter :

 - « Ce qui semblait autrefois un spectacle étranger sur des lieux lointains apparaît désormais comme un choc des cultures se jouant sur le sol même de l’Occident. Ces différences [avec l’Arabe, le musulman, ndlr] autrefois désamorcées par la distance et un sentiment de supériorité sont devenues une menace imminente. Les Occidentaux découvrent, anxieux et apeurés, que le sexe dans le monde musulman est malade, et que la maladie se propage sur leurs propres terres. » (sic)

 Kamel Daoud va jusqu’à écrire dans sa chronique du 18 janvier 2016 dans un journal algérien, à propos de l’affaire de Cologne : « La misère sexuelle du monde "arabe" est si grande qu’elle a abouti à la caricature et au terrorisme. [...] Et tout l’espace social est une prison du désir qui ne peut s’exprimer que dans la violence, la dégradation, la fuite vers d’autres terres ou la prédation et la clandestinité. »

 Dans cette chronique, il invente même un néologisme, « Colognisation » : "une peur qui convoque l’irraisonnable et tue la solidarité et l’humain. »

  JACQUES-MARIE BOURGET A PROPOS DE KAMEL DAOUD

 Préface du livre d’Ahmed Benssada « Kamel Daoud contre-enquête » éditions Franz Fanon :

 LETTRE OUVERTE AUX IDIOTS UTILES QUI IDIOLATRENT KAMEL DAOUD.

 (...) Par le fond, et le texte d’Ahmed Bensaada est une succession de lignes de survie, comme celles qu’on lance pour repêcher les migrants naufragés. Des phrases et des idées aussi nécessaires que l’eau bouillante de Pasteur ou les commentaires d’Aristote par Averroès. Et c’est la qualité de notre auteur, dans la vie physicien et utopiste, de faire valser les concepts avec la rigueur d’un cyclotron.

 Il est le premier à mettre à nu, comme une grenouille autopsiée, la vérité de ces intellectuels maghrébins qui, par un effet de balancier digne du pendule de Foucault, ont décidé de jouer les supplétifs des pires « penseurs » néoconservateurs français. Le noyau le plus agité de ces gens de plumes et d’écrans, aussi permanents que l’horloge parlante, occupe tout l’espace médiatique français… ça ne suffit pas. Dans leur croisade du choc des civilisations, il leur faut du renfort basané. C’est bien connu, le colon a toujours eu besoin de son bon nègre, de son indigène alibi. Y’a bon Banania.

 Dans cette guerre faite aux Arabes et Musulmans, où à la tourelle son char à pédales BHL se rêve en Patton, un nommé Kamel Daoud va être recyclé par les élites de Paris qui en fait une tête de gondole. Voilà un nouveau héros, martyr d’une fatwa en peau de lapin. Après avoir été lui-même un militant barbu du Front Islamique du Salut, c’est-à-dire des frères Musulmans, ces coupeurs de têtes d’algériens au temps des « années noires » (les tueurs au nom d’Allah étant alors considérés par Paris comme de braves guérilleros), Kamel Daoud saute subitement la source du Zamzam et découvre que Dieu est athée. A Oran, le voilà devenu un journaliste à la plume alerte. Il est donc dit que la France vivra désormais sous les diktats d’Éric Zemmour, l’Algérie sous ceux de Kamel Daoud.

 C’est par la publication de son livre « Meursault contre-enquête » que le journaliste oranais débarque Rive Gauche. Un bouquin dans lequel, se mettant dans la roue de Camus, il ne risque qu’une retombée : ramasser un peu de la gloire du Prix Nobel victime de la route.

 La seconde intervention de Daoud, dans le champ du débat français, fait immédiatement suite au Nouvel An. Voilà qu’à Cologne, au cœur des libations, nombre de femmes ont été gravement harcelées, et pire peut être, par des hommes immédiatement qualifiés « d’arabes ». Ça tombe à pic, Angela Merkel ne vient-elle pas d’ouvrir les portes de sa république à des centaines de milliers de ces rastaquouères… Heureusement, cerbère de Cologne et nouveau Spinoza, Daoud nous écrit ce qu’il faut penser de tout cela. Pour faire court, tous les Arabes et musulmans de la planète sont des frustrés, des fourbes sans courage, des êtres sans convictions, corrompus et achetables par le plus offrant. Plus que dans leurs gènes, cela est inscrit dans leur religion commune, l’islam. Je fais remarquer en passant que, dans sa rafle, notre cher Daoud, si scientifique, a oublié de nous préciser ce qu’il pense du plus important état musulman au monde, cette Indonésie qui n’est pas « arabe » ? Autre détail, en passant, et qui nous dit tout du Savonarole d’Oran, face à l’ignominieuse injustice faite aux Palestiniens, Daoud se range du côté des bourreaux. Ecrire cela plutôt que la vérité, dans une France où BHL règne sur les médias, c’est le succès garanti. Dans son combat pour dire le vrai, c’est-à-dire le pire fantasmé par les élites occidentales, par les néo colonialistes de la pensée, Bensaada nous montre que Daoud n’est pas seul, qu’il fait « école », courant. L’auteur nous cite l’exemple de Boualem Sansal, un romancier primé par l’Académie Française qui, sur le chemin des idées courtes, tient lieu de compagnon de route au camarade Daoud.

 De bonne foi de nombreux citoyens du monde ont été généreusement alertés par la furia de Cologne. Ignorant quel moteur Daoud cachait sous son capot, ils ont applaudit ses écrits sans langue de bois : « Nous ne sommes pas racistes… mais vraiment ces arabes sont insupportables. Finalement, le choc des civilisations est bien là… ».

 Très bien mais qui vient nous dire, sauf Ahmed Bensaada dans ce livre, que chaque année la presse allemande met en garde les femmes contre les possibles outrages de cette nuit de Nouvel An, actes inexcusables commis par de grands et gros blonds. Que si l’on excepte la condamnation d’un marocain, les policiers germaniques, qui ne sont pas nuls, n’ont trouvé aucun autre « arabe » à conduire vers le tribunal. Douad a donc glosé sur un évènement qui reste un mystère, ce qui n’est pas bien pour un journaliste si vétilleux.

 A ce point je me souviens de mes rencontres avec Kateb Yacine. Son philosophe référent n’était pas BHL, mais Sartre. Il était fier dans son désespoir, sans haine de soi ni des autres. Il pensait pouvoir changer (un peu) le monde et son monde. Lui, dont le français était celui d’un génie, s’est mis à écrire en arabe, et même en dialecte pour, avec ses amis du Théâtre de la Mer, aller de bled en bled afin de dire à ces arabes, à ces kabyles musulmans ou chrétiens, que la poésie et le savoir sont l’avenir de l’homme. Kateb est mort dans la misère, un jour Daoud sera à l’Académie. Voilà le livre d’Ahmed Bensaada. Il nous dit que, même pour l’incurable athée que je suis, insulter des peuples au nom de leur religion supposée est un crime. "

 JM BOURGET

 ·         http://www.rtl.fr/actu/international/allemagne-le-journal-bild-s-excuse-pour-avoir-relaye-des-pretendus-viols-par-des-migrants-7787284

 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/agression-sexuelle-a-francfort-au-nouvel-an-les-temoignages-etaient-faux_1879471.html

 https://www.washingtonpost.com/news/worldviews/wp/2017/02/14/german-police-say-major-newspapers-story-about-a-rampaging-arab-sex-mob-was-wrong/

 https://www.wsws.org/fr/articles/2016/nov2016/hamb-n08.shtml

 https://www.thelocal.de/20170214/mass-sexual-assaults-by-refugees-in-frankfurt-completely-made-up

 http://www.bfmtv.com/international/agressions-sexuelles-perpetrees-par-des-refugies-a-francfort-l-information-etait-fausse-1103673.html

 https://nantes.indymedia.org/articles/36192

 http://www.mondialisation.ca/verdict-du-proces-de-hambourg-quand-la-pensee-securitaire-accuse-le-refugie-et-le-musulman/5557550

 https://www.legrandsoir.info/la-nuit-de-cologne-de-kamel-daoud-mensonges-et-reniements-pour-plaire-a-l-occident.html

 

CAPJPO-EuroPalestine