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Par : Benjamin Barthe
Publié le : 22/06/12
Lettre ouverte à Monsieur Antoine Gallimard, éditeur, à propos de son guide sur Israël / Jérusalem / Cisjordanie

A Monsieur Antoine Gallimard
Monsieur le Président,
Mon attention a été attirée sur un guide « ISRAEL JERUSALEM-CISJORDANIE » (Biblio­thèque des Voya­geurs) publié par votre maison d’édition.
Celui-ci est tout à fait surprenant et totalement choquant.
Constatant que l’éditeur fait appel aux com­men­taires et sug­ges­tions du lecteur, je me permets de vous faire part des miens.
Cette édition qui se dit une tra­duction adap­tation de la nou­velle édition de l’ « Insight Guide » révisée en 2010 ajoute deux nou­velles rubriques, les « musts d’Israël », sélection de 10 sites incon­tour­nables et « Rêvez Israël ».
Dans les « musts d’Israël », je relève notamment Beth­lehem, les bains de la Mer Morte, la vieille ville de Jéru­salem, sites de Cis­jor­danie, c’est-à-dire de la Palestine occupée par Israël et non pas d’Israël, État qui a été rappelé à l’ordre par maintes et maintes réso­lu­tions inter­na­tio­nales tant de l’Assemblée Générale de l’ONU que du Conseil de Sécurité. Cette affir­mation est donc contraire au Droit inter­na­tional et au droit absolu et fon­da­mental du peuple pales­tinien à dis­poser d’un État.
Et ce n’est pas tout, il en va de même lorsqu’il s’agit de « Rêver Israël » en se « pré­lassant dans les eaux de la Mer Morte » (essen­tiel­lement située en Cis­jor­danie), en « chinant dans les souks de la vieille ville de Jéru­salem », c’est à dire la partie pales­ti­nienne de Jéru­salem, en « admirant la vue spec­ta­cu­laire sur le désert de Judée » qui est l’appellation israé­lienne d’une partie de la Cisjordanie !
Ne parlons pas d’Hébron ! Où le lecteur est invité à admirer dans la casbah plé­thore d’artisans quand on peut constater, sur la place, que depuis des années, la casbah est pra­ti­quement déserte, vidée de ses artisans pales­ti­niens ruinés par les couvre-feux imposés par l’armée d’occupation et per­sé­cutés par les colons, contraints de poser des grillages de pro­tection sur les ruelles qui recueillent les ordures des colons qui se sont ins­tallés dans les étages…Où le lecteur apprend que la ville exporte ses pro­duc­tions avec la « béné­diction d’Israël »….no comment ! Hébron qui serait « la der­nière cité arabe depuis les accords d’Oslo d’où Israël ne s’est pas retiré »… A se demander si vraiment, les auteurs de ce texte se sont jamais rendus sur les lieux !
Il est men­tionné que « les ten­sions poli­tiques et diplo­ma­tiques rendent parfois impra­ti­cable et obligent à changer de taxi aux bar­rages « israélo-palestiniens » ! L’origine de ces ten­sions reste inconnu puisque s’il est men­tionné dans « his­toire et société » que cette terre « a de tout temps été écar­telée entre la guerre et la paix », il n’y est alors aucu­nement men­tionné l’occupation de la Palestine et l’existence du peuple palestinien.
Il est juste relevé qu’elle « héberge aujourd’hui un peuple plein d’énergie ». Celui-ci est non nommé mais évidemment israélien ! Je cesse là les cita­tions tant chaque page, chaque ligne procède d’une contre vérité et d’une pro­pa­gande effec­tuées au mépris de la réalité poli­tique et juri­dique, au mépris du Droit international.
Je relève tou­tefois que cette col­lection se déclare « ins­pirée par un véri­table intérêt pour le peuples » mais ignore tota­lement l’existence d’un peuple, le peuple pales­tinien, de sa terre occupée, de son État pour la sou­ve­raineté duquel il se bat…
Elle déclare « pré­senter des textes et ana­lyses qui donnent une vision tant his­to­rique que contem­po­raine d’un peuple » et encore une fois ignore l’existence d’un peuple entier spolié dans ses droits les plus essentiels.
Ce ne sont, hélas, pas des cor­rec­tions qu’il convien­drait de faire pour rétablir un tant soit peu de vérité mais l’intégralité de ce guide qu’il fau­drait refaire dès lors qu’il procède d’une dés­in­for­mation totale dans le mépris et des droits d’un peuple et du Droit international.
Je trouve cela d’autant plus inquiétant que déjà, le 23 août 2010, j’ai été amené à vous inter­peller après avoir constaté la publi­cation dans la revue « Air France Magazine » d’une carte de ce que d’aucuns appellent « le grand Israël », au mépris tou­jours du Droit inter­na­tional. Il m’avait été répondu que cette « erreur majeure » allait rapi­dement être rectifiée.
Je sou­haite ins­tamment qu’il puisse en être de même pour ce guide, que votre maison édite un guide conforme tant au Droit, qu’à la vérité et la morale.
Dans l’attente de votre réponse, recevez Mon­sieur le Pré­sident, mes salutations.
Jean-Claude Lefort Pré­sident de l’association France Palestine Soli­darité Député honoraire